Résumé du 1er texte : « Pour un texte de fondation » de Pierre Smet.
Le texte de Pierre Smet, présenté comme une contribution inaugurale à la fondation de l’association Acte Psychanalytique, insiste sur le caractère processuel et collectif de cette fondation. L’auteur souligne la difficulté de rendre compte des origines d’une association, en rappelant que le récit tend toujours à transformer l’histoire. S’inspirant de l’expérience de Freud et Lacan, il précise que la création de cette association est née d’un temps de rencontres et de débats sur la situation actuelle de la psychanalyse, ainsi que sur la possibilité de travailler ensemble.
Les rencontres préliminaires, souvent passées sous silence dans les récits institutionnels, sont ici considérées essentielles : elles ont permis l’instauration d’un climat de respect, mais aussi l’émergence d’accords et de désaccords. Parmi les points communs identifiés figurent l’ancienneté des membres dans le champ analytique (environ 15 ans) et leur expérience des associations existantes, marquées à la fois par l’impossibilité de travail collectif et par des logiques d’exclusion ou de conditions d’appartenance contraignantes. Les fondateurs critiquent le dogmatisme, le narcissisme institutionnel et l’absence de travail topologique dans nombre d’associations contemporaines.
La réflexion sur l’histoire de la psychanalyse occupe une place centrale. Loin d’une simple chronologie ou d’une histoire événementielle, il s’agit de penser l’acte analytique comme insaisissable et toujours en devenir. Les trajectoires personnelles des membres, issues de disciplines diverses (philosophie, psychologie, psychiatrie, droit, anthropologie, etc.), ainsi que leurs parcours analytiques, sont présentés comme constitutifs de leur engagement. Le lien entre psychanalyse et formation initiale, mais aussi avec les milieux professionnels et les questions financières, est mis en évidence.
Le choix du nom Acte Psychanalytique exprime la volonté de se référer directement à l’acte, compris comme une alternative à l’institutionnalisation. Il s’agit de créer un espace de travail analytique qui ne tombe ni dans l’isolement ni dans la logique de masse, et qui permette au désir de travail de se maintenir. Si l’association est composée d’un petit nombre de fondateurs, elle s’inscrit néanmoins dans un réseau de collaborations (FabEP, Convergencia, etc.) et entretient des liens avec d’autres associations (Dimension de la Psychanalyse, École lacanienne de Montréal, Topologie en Extension).
La structure choisie repose sur le modèle du cartel et sur l’ouverture à la « passe », même si sa mise en œuvre reste difficile dans une petite association. Les orientations de travail privilégient la lecture du Séminaire de Lacan sur l’acte psychanalytique et l’organisation de journées annuelles, autour de thèmes variés (clinique, écriture, autorisation, corps). Ces activités révèlent des divergences entre les membres, notamment sur la place respective de la clinique, de la théorie et de l’éthique.
Le texte aborde également la question des dérives et transgressions dans le champ psychanalytique, mettant en lumière le poids du silence et la difficulté à articuler expérience clinique et conceptualisation théorique. L’histoire de la psychanalyse en Belgique est replacée dans le contexte plus large des débats européens et mondiaux, marqués par les enjeux politiques liés au titre de « psy » et par l’influence des logiques de gestion. Les divisions entre courants analytiques, la question de l’excommunication de Lacan et les politiques d’exclusion institutionnelle sont rappelées comme des données structurantes.
Enfin, Pierre S. revient sur la passe, la question de la nomination, le rôle du témoignage et la place de l’autorité dans la psychanalyse. En référence à Lacan, il insiste sur la nécessité de maintenir une articulation entre l’expérience singulière de la cure, l’éthique de l’acte et les exigences institutionnelles.
L’acte psychanalytique est ainsi présenté comme ce qui doit rester au centre : un engagement qui comporte des risques, mais qui est aussi garant de la vitalité de la psychanalyse face à ses impasses institutionnelles, politiques et sociales...
DEUXIEME TEXTE CONTRIBUTIF, par Joseph-Lê TA VAN
Contribution au TEXTE DE FONDATION de l’association « Acte Psychanalytique »
A quelques uns, nous avons décidé le 7 juin 2004 de fonder une association de psychanalyse et de la nommer « Acte Psychanalytique ».
Cela faisant, nous savions - du moins la gageure, sinon l’impossibilité – dans laquelle nous allions nous engager, dans la mesure où le vocable « acte », à fortiori « acte psychanalytique », ne pouvant en aucun cas être substantivé, nous (dans le sens de quelques uns, du un à un mis en série) nous
(dans le sens instituant) le fîmes notre (dans le sens institution) signifiant.
La logique qui sous-tend notre acte de fondation est analogue à celle qui structure le parcours de l’intension jusqu’à l’extension de la psychanalyse chez chaque un de nous.
Autrement dit, nous tenterons de mettre à l’épreuve du réel que constitue le groupe, et l’incessante tâche psychanalysante et le toujours en devenir du psychanalyste dans la mise en rapport de chaque un de nous aux autres….
Le parcours - cure personnelle, passe, devenir psychanalyste, travail à plusieurs psychanalystes…,- ne peut trouver son sens qu’avec l’idée selon laquelle l’on n’est jamais psychanalyste, et qu’il soit nécessaire de ne pas se départir du tranchant vif de ce qu’est la psychanalyse.
Que ce soit dans son travail individuel psychanalyste/psychanalysant ou le travail à plusieurs, la psychanalyse est sans cesse à inventer, par le biais du dispositif de la passe. Que celle-ci puisse demeurer le mode opératoire « charnière » de la tâche analysante toujours sur le qui vive.
En d’autres termes, y est à l’oeuvre la mise en tension continue entre le non-rapport sexuel (« ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire ») et le rapport (dont résulte « ce qui cesse de ne pas s’écrire »).
C'est-à-dire : « […] conformément à la topologie du plan projectif, c’est à l’horizon même de la psychanalyse en extension [,] que se noue le cercle intérieur que nous traçons comme béance de la psychanalyse en intension. » 1
Reprenant quelque part à notre compte l’analyse du 4è Groupe de la situation psychanalytique (plus précisément celle psychanalytico-institutionnelle) de l’époque, bien que lointaine, nous la trouvons toujours actuelle. Comme quoi, le progrès tant désiré, et justement aussi parce qu’il est désiré, reste
par conséquent à l’horizon… à tout jamais !
Et pour semer encore plus de trouble dans notre esprit et en particulier dans notre volonté « instituante », ici et maintenant, cette analyse est d’autant plus fine et serrée, mettant le doigt précisément là où il est impossible de penser !
En l’occurrence, « Le phantasme scientifique d’une formalisation dernière de l’inconscient et de la libido, valable quels que soient les sujets en cause et en présence, n’en demeure pas moins commun à beaucoup d’analystes ; et ceci au détriment d’une discipline qui, à se chercher toujours plus dans ses extensions et ses " intensions " en perd de vue son champ propre, extra-territorial à tout autre. ».
Par ailleurs, ceci, à savoir « La psychanalyse n'est jamais le discours scientifique qui parle d'elle. Elle n'est pas la méthodologie qui la rend possible. » met du moins en parallèle sinon en identité avec la fameuse « il n’y a pas d’Autre de l’Autre » ou « il n’y a pas de méta-langage » de Lacan.
Voilà en bref, mais vraiment très bref, les seuls quelques points que nous voudrions mettre en exergue parmi tant d’autres. Points que nous nous devrions ne pas oublier et auxquels nous nous référerons dans notre pari extrêmement audacieux de nous nommer « Acte psychanalytique ». Tel est le risque que nous consentons à encourir.
Prix nécessaire à payer pour être à la hauteur…du « psychanalyser » ?
Et enfin, le questionnement ultime que nous nous permettons de nous poser ici en paraphrasant Lacan, quand il avait dit qu’il fallait protéger la « psychanalyse » des « psychanalystes »… !?!
(cf. entre autres, « Des canards » de J.Lacan, en annexe).
Juin 2007
Joseph-Lê Ta Van
EN ANNEXE :
Des canards (III)
Les psychanalystes n’aiment pas la violence, elle finirait même par les rendre furieux et pour un peu — mais il faudrait pour cela qu’ils soient des hommes ou des femmes d’action — ils se mettraient à cogner : tu es violent, eh bien, prends ça dans la poire, ça t’apprendra.
Mais comme la violence est un échec de la parole, et que par ailleurs ils ne sont pas des hommes d’action, ils ne peuvent, rendus impuissants, que s’angoisser : Que faire ? gémissent-ils, sinon jeter une pelletée de sciure sur cette flaque malodorante, laissée par un malpropre.
Il est sûrement dommage qu’avec sa pulsion de mort à tout faire, Freud ait fait l’économie d’une analyse plus fine de la violence.
Car, chers petits canarades, ce n’est pas la mort qui est une violence, il suffit de se laisser faire, et c’est bien malheureusement ce que vous acceptez le plus souvent.
Mais oui, canarades, rien n’est reposant que de se mortifier en répétant la bonne parole inscrite dans l’Autre, ce que j’ai appelé le tire-fesse : ça vous mène, somnolents, la promesse de la bonne piste qui, ultime hoquet, se révélera être noire.
Mais, pointez dans le noeud borroméen, si vous vous réveillez, cette étrange jouissance de l’Autre qui, antipodique à la jouissance phallique, est la jouissance de la vie, comme je l’ai appelée.
Qu’est-ce qu’elle est ? sinon justement la violence qui dérange le confort des places acquises et des lâchetés du faire semblant. La violence n’est pas l’échec de la parole mais sa vérité, la vérité que la parole entre un homme et une femme fait échec.
Je comprends que vous préfériez les accommodements.
Note : On continue de m’interroger pour savoir qui cacherait ce nom. Ces petits canards n’ont pas encore compris que c’est moi, Lacan, tel que je l’ai déposé en chacun de ceux que j’ai enseignés et qui, à l’occasion, gueule, de ne plus supporter de devoir se taire.
Jacques-Marie Lacan
TROISIÈME TEXTE CONTRIBUTIF
De Michel Elias, Juillet 2014
"Acte Psychanalytique" est une ASBL de psychanalystes lacaniens, qui prennent leurs distances avec les institutions analytiques classiques trop encombrées d’institutionnalisation, pour interroger le rapport des sujets avec le collectif perpétuellement oscillant entre dissolution et efficacité.
Une expérience de 10 années (2004) nous confronte (2014) avec les tendances, l'insistance institutionnalisante nécessaire et tendances empêtrées de leurs différences.
D'un côté les réflexes institutionnels classiques, de l'autre, la vie politique, telle qu'elle devrait s'articuler chez les analystes d'abord, dans les cartels, des inter-cartels, les réunions plénières de travail.
L’ASBL est ouverte à tous ceux et celles qui ont une certaine pratique des textes de Freud et Lacan.
( Reformulation demandée par les membres du groupe :
En gros et schématiquement :
Le point de départ :
- Confrontation de chaque subjectivité (imprégnée d'imaginaire au minimum) à l'ensemble des autres dits semblables.
Point d'arrivée (idéalement) :
- Le sujet et le collectif s’interpénètrent
QUATRIÈME TEXTE CONTRIBUTIF, par Madame Linlin DONG
与其说中国需要精神分析,不如说精神分析同样需要东方文明。更重要的是王国维先生的《人间词话》,不是《三国》,也不是《三国志》,说出了中国文人心中的理想主体,是将康德哲学应用于中国文学中的一种尝试。
王国维先生的《人间词话》,对中国哲学的“性”、
“理”和“命”的关键概念做了梳理与批判。《人间词话》中,古今之成大事业、大学问者,必经过人生三境界:“昨夜西风凋碧树,独上高楼,望尽天涯路 ”,此第一境界。“衣带渐宽终不悔,为伊消得人憔悴 ”,此第二境界。“众里寻他千百度,蓦然回首,那人却在,灯火阑珊处” ,此第三境界。
“境界”具有图像感,视觉隐喻处处存在。这三种境界完成了一个追求真理的隐喻:通过中国北方四季更替营造出怅然若失的视觉感受 ,始于“望尽天涯”,寻求真理的自我反省。
“衣带渐宽终不悔,为伊消得人憔悴”,“伊”即是“那人的”主体凝视的对象。原词只是写恋爱中的相思之苦,但这更是一种追求“所善”、“所爱”的向死而生的精神。
终于“蓦然回首,那人在灯火阑珊处”,这应是达到至善、至美、至真实的一种境界。也是一种对真理的顿悟。
这三种境界也说出了中国文人心中的理想主体。但愿每个追求真理的人,在经过“众里寻他千百度”之后,都能相遇“那良人,在灯火阑珊处”。
我真诚的希望,精神分析不仅是西方理论在想象界的穿越。东方的神话建构、集体无意识,以及东西方文化碰撞之下主体真正的“相遇”,才是主体间平等“对话,方可开启“通过”之路。
TRADUCTION EN FRANÇAIS
Plutôt que de dire que la Chine a besoin de psychanalyse, la psychanalyse a aussi besoin de civilisation orientale. Plus important encore, les "Paroles sur Terre" de M. Wang Guowei n'est ni "Les Trois Royaumes" ni "La Romance des Trois Royaumes", qui exprime le sujet idéal dans le cœur des lettrés chinois. C'est une tentative d'appliquer la philosophie de Kant à la littérature chinoise.
Les "mots humains" de M. Wang Guowei parle du "sexe" de la philosophie chinoise,
Les concepts clés de "raison" et de "vie" ont été réglés et critiqués. Dans les "Paroles du monde", ceux qui ont réalisé de grandes carrières et de grandes universités dans les temps anciens et modernes doivent passer par les trois royaumes de la vie : "La nuit dernière, le vent d'ouest a fané les arbres verts, seuls sur le gratte-ciel, regardant le bout du monde", c'est le premier royaume. " La ceinture s'élargit de plus en plus, et il n'y a pas de regret à la fin, et les gens sont hagardis pour Yi Xiao, c'est le deuxième royaume. Le cherchant des milliers de fois dans la foule, en regardant soudainement en arrière, l'homme était dans la famme lumière, c'est le troisième royaume.
"Realm" a un sens de l'image, et les métaphores visuelles existent partout. Ces trois royaumes ont complété une métaphore de la poursuite de la vérité : créer un sentiment visuel perdu à travers le changement des quatre saisons dans le nord de la Chine, à partir de l'autoréflexion de "regarder vers le bout du monde" et de chercher la vérité.
"La ceinture devient de plus en plus large, et il n'y a pas de regret à la fin. Pour Yi Xiao, les gens sont hagards." "Yi" est l'objet du regard principal de "cette personne". Le mot original ne parle que de la douleur de l'acacia en amour, mais c'est un esprit de poursuite de "bonnes actes" et de "aimé" pour mourir.
Finalement, "Je me suis soudainement retourné et j'ai découvert que l'homme était dans la famme lumière", ce qui devrait être un état de bonté, de beauté et de vérité. C'est aussi une révélation de la vérité.
Ces trois royaumes expriment également le sujet idéal dans le cœur des lettrés chinois. J'espère que tous ceux qui poursuivent la vérité pourront rencontrer "l'homme de bien dans la famme lumière" après "l'avoir cherché des milliers de fois dans la foule".
J'espère sincèrement que la psychanalyse n'est pas seulement le voyage dans le temps de la théorie occidentale dans l'Imaginaire (Jacques Lacan). La construction mythologique de l'Orient, l'Inconscient collectif (Carl Gustav Jung) et la véritable "rencontre" des sujets sous la collision des cultures orientale et occidentale est le "dialogue" égal entre les sujets, ce qui peut ouvrir la voie du "passage".